Réserve Marine de La Graciosa et des îlots du Nord de Lanzarote

Actualités

Réserve Marine La Graciosa le 13/01/2018 17:28

Une étude alerte sur la contamination par les microplastiques à La Graciosa et à Lanzarote

Les chercheurs du groupe "Eomar" de l'Institut "EcoAqua" de l'Université de Las Palmas de Gran Canaria (ULPGC) ont publié dans la revue scientifique "Marine Pollution Bulletin" une étude sur la contamination par les micro-plastiques aux Canaries et ils alertent sur la situation des plages de La Graciosa ou à Famara.

Cette étude intitulée «Microplastic and tar pollution on three Canary Islands beaches : An annual study» a été réalisée durant 2015 et 2016 selon l'Institut.

L'étude a montré qu'il y a des niveaux élevés de pollution à Playa Lambra, Famara et à Las Canteras, lors des périodes de fortes vagues et vent, et qu'en plus de ces microplastiques, ont été trouvées des quantités importantes de fragments de goudron, principalement sur l'île de La Graciosa.

Pour les chercheurs, "ces données sont alarmantes et devraient nous faire prendre conscience de l'usage excessif des produits plastiques et du problème environnemental qu'ils posent".

Une autre donnée intéressante : 44% des déchets trouvés sur la plage de Famara étaient des granulés de plastique qui sont la matière première à partir de laquelle les produits en plastique sont fabriqués.

Ce résultat indique que la pollution est entraînée vers les côtes à travers le "Courant des Canaries" puisqu'aux îles Canaries il n'y a pas d'industries dédiées à la fabrication de plastique.

De même, le Gulf Stream et sa branche descendante, le Courant des Canaries, entraîne vers le sud tous les déchets marins qui sont déversés au nord des États-Unis et en Europe.

Cela fait que les îles et surtout les plages situées au nord de l'archipel sont considérées comme des points névralgiques dans la récupération des débris marins étant donné qu'ils agissent comme des collecteurs de tous ces déchets entraînés par les courants et cela constitue une situation « très préoccupante » dans certaines ces plages.

Les microplastiques se retrouvent dans la chaîne alimentaire puisqu'ils sont ingérés par le zooplancton.

Les conséquences de la présence des microplastiques et de leurs composés chimiques toxiques dans les organismes ne sont pas bien connues et elles font actuellement l'objet d'une étude.

Nous savons déjà que ces produits chimiques sont des perturbateurs endocriniens qui modifient fondamentalement le système hormonal et qui peuvent produire des effets cancérigènes et mutagènes.

Traduction : Christophe Hissette d'après un article paru dans le "Diario de Lanzarote". Photo : Paco Heras Hernández

Réserve Marine La Graciosa le 18/11/2017 08:23

La population de puffins est stable avec environ 10.000 individus dans l'archipel Chinijo

La population de puffins de Scopoli aussi dénommés puffins cendrés (Calonectris diomedea) de l'archipel Chinijo (La Graciosa, Alegranza et les îlots du Nord de Lanzarote) reste stable avec un nombre compris entre 10.000 et 12.000 individus, a affirmé il y a quelques jours le biologiste et technicien de projet du WWF, Alexis Rivera, qui a reconnu "qu'il est difficile de déterminer exactement combien il y a d'individus" et il a ajouté qu' "il n'y a pas de pression anthropique qui aurait pu réduire de façon alarmante la population des puffins".

Les puffins constituent la plus grande population d'oiseaux marins des îles Canaries, que l'on trouve dans les îlots de l'archipel Chinijo.

Selon le biologiste, Alegranza forme la deuxième plus grande population mondiale de puffins de Scopoli.

L'archipel Chinijo est l'endroit choisi par ces oiseaux pour la naissance de leurs petits pendant l'été.

"Les adultes ont déjà commencé le vol et les jeunes partiront définitivement ce mois-ci avec la première pleine lune pour aller jusqu'en Amérique et ils ne reviendront pas avant d'être adultes", explique le biologiste.

Les individus adultes reviendront en février.

Des milliers de kilomètres

Alexis Rivera a également expliqué que les puffins font des milliers de kilomètres vers l'Amérique et que les jeunes profitent des alizés et ils resteront entre l'Amérique du Sud et le golfe du Mexique pendant six ou sept ans.

Dans le cas des adultes, ils vont d'abord au Brésil après avoir traversé l'Océan Atlantique, descendu vers l'Équateur pour suivre les contre-alizés situés dans le Pôle Sud, avec lequels ils arriveront jusqu'en Afrique du Sud, où ils se nourriront de novembre jusqu'en février.

Puis ils font le voyage en sens inverse vers les îles Canaries, en profitant des vents favorables, où ils resteront de février à novembre, explique Alexis Rivera.

Le biologiste a souligné que l'archipel Chinijo "abrite la plus grande biodiversité marine des îles Canaries avec la plus grande diversité de poissons et d'algues et qu'au niveau terrestre le plus grand nombre d'oiseaux marins de différentes espèces".

Le vautour percnoptère, le balbuzard pêcheur, le faucon d'Éléonore, le faucon de Barbarie et le faucon crécerelle sont quelques-uns des trésors.

En outre, les espèces les plus menacées des îles Canaries se trouvent dans cette zone et la proximité de l'Afrique fait que la moitié des espèces d'oiseaux migrateurs qui traversent les îles Canaries passent par l'archipel Chinijo.

Traduction : Christophe Hissette d'après un article de Aránzazu Fernández paru dans le quotidien de Las Palmas "La Provincia". Photo : Yarci Acosta

Réserve Marine La Graciosa le 24/08/2017 20:15

La présence étrange d'un poisson chirurgien à La Graciosa

Tanausú Motas a photographié le mardi 15 août un poisson chirurgien dans les eaux de La Graciosa.

Il s'agit d'un spécimen de l'espèce "Acanthurus monroviae" qui vit le long des côtes africaines allant de la Mauritanie à l'Angola, incluant le Cap-Vert et Sao Tomé.

L'auteur de cette découverte est Tanausú Motas, champion en Espagne et aux Canaries de photographie sous-marine en apnée.

Ce poisson vit habituellement dans les eaux tropicales.

D'où son étonnement de le voir apparaître dans des eaux moins chaudes comme celles de l'Archipel Chinijo.

Le plongeur l'a rencontré alors qu'il allait photographier une autre faune, à une profondeur comprise entre huit et neuf mètres à hauteur de  la Playa Lambra, au nord de l'île de La Graciosa.

Motas a précisé qu' "il est très rare de voir un poisson chirurgien dans les eaux de La Graciosa, puisque c'est une espèce qui a l'habitude d'arriver avec les plates-formes pétrolières qui déplacent habituellement avec elles en-dessous de leurs structures un récif vivant de flore et une faune venant d'autres lieux du globe terrestre. La structure la plus proche se trouvait au Puerto de la Luz à Las Palmas de Gran Canaria en raison de la présence de plates-formes pétrolières à La Isleta où j'avais localisé cette espèce il y a quelques années, elle n'a été vue à aucun autre endroit".

L'apparition du poisson chirurgien, a ajouté Motas, a fait supposer aux biologistes du Réseau d'Observateurs du Milieu Marin aux Canaries (La Red de Observadores del Medio Marino en Canarias - RedPROMAR) rattaché au Gouvernement Canarien, que cet individu aurait pu arriver arrimé à un objet flottant où il trouvait refuge pour faire un si long voyage depuis les côtes du continent voisin.

Pour le moment, un seul exemplaire a été localisé dans l'Archipel Chinijo. "Il n'y a, à priori, aucun risque que cette espèce s'installe dans les eaux de La Graciosa de manière permanente, même si cela nous rappelle que les eaux évoluent et que dans un avenir proche nous aurons de nouvelles espèces qui s'installeront dans les eaux canariennes de façon permanente si les eaux se réchauffent".

Les eaux de La Graciosa "hébergent dans un petit espace la plus grande diversité de la flore et la faune des Canaries", a souligné le photographe. En seulement un mois, il  a comptabilisé dans ses plongées en apnée 95 espèces différentes de poissons autour de la huitième île canarienne dans des profondeurs qui variant de la surface à quinze mètres de profondeur, ce qui donne à tous la possibilité de profiter de ce grand aquarium naturel, a affirmé l'expert.

Traduction : Christophe Hissette d'après un article de Aránzazu Fernández paru dans le quotidien de Las Palmas "La Provincia".